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Sarkozy s’incline, mais ne s’excuse pas au Rwanda

« Je m’incline devant les victimes », a écrit le président Nicolas Sarkozy sur le livre d’or du mémorial du génocide de Gisozi, ce 25 février à Kigali. Interpellé, durant sa visite du musée, par le guide, qui lui demandait « des comptes » sur le rôle de la France pendant le génocide rwandais, le président Nicolas Sarkozy a préféré gardé silence. Silence qu’il a d’ailleurs rompu tout de suite après, lors de la conférence conjointe qu’il a tenu aux cotés du président Paul Kagamé. « La France a été aveuglé durant le génocide », reconnaissant en partie, à mots couverts, une lourde responsabilité française dans le génocide rwandais.

L’heure est à la réconciliation : c’est le message qu’ont en tous les cas fait passer les deux présidents. Des signes de reprise du dialogue ont été avancés : « l’école française a été rouverte, le centre culturel devait lui aussi rouvrir ses portes, et RFI va de nouveau émettre », a égrené le président français. Sarkozy a également invité le président rwandais à Nice, lors du sommet France-Afrique. Comme pour appuyer ses propos, le président rwandais a notamment déclaré que « les Rwandais ne doivent pas être les otages du passé ». Quant au contentieux judiciaire, Nicolas Sarkozy a rappelé « qu’en France, la justice est indépendante », faisant allusion aux procès intenté par un collectif de parties civiles françaises, contre des responsables rwandais en poste, accusés d’avoir fomenté l’attentat contre le président Habyarimana. En revanche, il a tenu à souligner que, au sujet des génocidaires présents en France, « une demande d’asile politique » avait été refusé. Il s’agit bien sûr de celle d’Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président Juvenal Habyarimana, déboutée de sa demande d’asile en France. Commentant le récent abandon du Français comme langue officielle au Rwanda, le président Kagamé a répondu qu’il ne s’agissait aucunement d’une mesure de rétorsion. « Nous sommes toujours membre de la francophonie », a-t-il notamment déclaré. « Et si demain, nous devons nous mettre au chinois, nous le ferons, si la situation économique le nécessite », a-t-il ajouté. Kagamé a réitéré sa volonté de construire un partenariat fort avec la France. Balayant d’un revers de la main les accusations de néocolonialisme, le président français a assuré que « la Françafrique, c’est du passé ». Le président rwandais lui a emboîté le pas en affirmant « qu’il fallait arrêter de faire porter aux autres nos propres responsabilités ». Sur la situation des grands lacs, le président français a tenu à rappeler que « la paix dans les grands lacs ne viendra que des pays eux-mêmes concernés ». Une conférence sur Les Grands Lacs est annoncée en France en juin prochain. La visite de Nicolas Sarkozy est la première d’un président français depuis 1994. elle intervient trois mois après la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays.

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Commentaires

Le chemin de "Canossa" du citoyen-Président Sarkozy

Le chemin de "Canossa" du citoyen-Président Sarkozy

Pour quelqu'un qui a soutenu l'action de la France en 1994 en tant que porte parole du gouvernement, pour quelqu'un qui a couvert le financement français des opérations occultes de cette dernière favorisant les génocidaires, ce voyage a dû être ressenti par le "citoyen-Président" Sarkozy comme le chemin de Canossa. Lui, surtout lui, être "obligé" d'aller s'incliner devant ces centaines de milliers de victimes, elles innocentes ! Quelle ironie de la géopolitique !

La France a perdu. Elle s'est inclinée !

Elle a perdu non seulement le bras de fer judiciaire Bruguière-Commission Mucyo / Mutzinsi.
Elle a aussi perdu toute son influence dans cette région d'Afrique. Le Rwanda est devenu anglophile, fait partie du Commonwealth et les richesses, y compris du Kivu Congolais, partent à l'Est, chez les anglo-saxons !

C'est ce qu'a dû entériner le « citoyen-Président » Sarkozy lors de ce voyage, en s'inclinant sur les tombes de ses (bien les siennes !) victimes innocentes.

L'avenir nous dira, si au nom de la « realpolitik », les responsables français de ce génocide seront, ou non, traduits devant les tribunaux.

Ce voyage est un succès pour tous ceux qui ont eu le courage de se battre, comme le Président Kagamé, de témoigner, notamment devant les commissions Mucyo / Mutzinsi. Ne sera-t-il qu'une étape vers la vérité totale ou participera-t-il à l'enterrement de cette dernière ?

Les mêmes sont appelés à continuer le combat pour la justice envers toutes ces âmes innocentes.

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