Le médiateur burundais dans l’embarras

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L’avenir politique de Mohamed Rukara, ombudsman burundais, est entre le marteau et l’enclume. Celui qui était parmi les figures les plus respectées de Bujumbura  dispose d’un dossier noir et risque de perdre totalement sa crédibilité à cause du blanchiment d’argent.

Une banque bruxelloise vient, en effet, de demander à la justice belge de mener une enquête sur l’origine d’une somme colossale d’argent que le médiateur burundais y a versée sous son propre nom.

Le 25 avril dernier, au cours d’une tournée en Europe , la police belge a arrêté Rukara  momentanément et l’a interrogé sur la destination de l’argent liquide qu’il possédait dans sa valise.

Certaines sources indiquent que la police belge n’aurait pas compris pourquoi une autorité occupant les plus hautes fonctions comme celles du médiateur  peut se hasarder à se déplacer avec une énorme somme d’argent liquide.
Les choses tournent vraiment mal autour du médiateur. Il y a quelques semaines  seulement , son porte-parole, Jérôme Ndiho , précisait  à la presse qu’une poignée de personnes impliquées dans des dossiers de corruption et de détournement d’argent auraient  l’intention de l’éliminer physiquement.

Ayant promis de révéler  aux médias les responsables de cette tentative d’élimination ultérieurement, le médiateur a retiré sa promesse quelques jours plus tard,  argumentant que la « loi régissant ses fonctions ne l’autorise pas de pointer du doigt les noms des personnes ».

Ce changement brusque de décision a été aussitôt critiqué par la société civile et les partis politiques d’opposition jusqu’à lui demander de démissionner. Jusqu’à présent, certains n’hésitent même pas de dire que Rukara doit être un imposteur s’il n’est pas impliqué corps et âme dans les dossiers de détournement des fonds.

Des analystes politiques estiment que l’ouverture de ce dossier  risque de détériorer les relations diplomatiques entre la Belgique et son ancienne colonie, le Burundi. Ce dernier fête ses 50 ans d’indépendance le 1er juillet 2012 et les plus hautes personnalités du Royaume de Belgique sont attendues à Bujumbura pour cette fête.

 Le médiateur burundais risque de ne pas savoir sur quel pied danser. A côté du dossier de blanchiment d’argent, Mohamed Rukara est accusé par une partie de la Communauté islamique du Burundi (Comibu) d’être le véritable « avaliseur » des déchirements qui minent leur communauté.

 

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