Sommet
Tensions dans les Grands Lacs
Mise en ligne le 21/03/05
Les Etats de l'Afrique centrale restent
préoccupés par les tensions persistantes dans la
région des Grands Lacs, où des groupes armés
font régner la terreur et menacent les fragiles processus
de transition démocratique en cours
.Réunis jeudi et vendredi à
Brazzaville à l'occasion de la 22ème réunion
du Comité consultatif permanent des Nations Unies sur les
questions de sécurité en Afrique centrale, les ministres
de la Défense et de la Sécurité de l'Afrique
centrale ont déploré les "affrontements"
en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi
et les tensions à la frontière entre la RDC et le
Rwanda. "La situation dans l'est de la RDC est grave",
a souligné le secrétaire général adjoint
de la Communauté économique des Etats de l'Afrique
centrale (CEEAC) en charge des questions de paix et de sécurité,
Nelson Cosme. Dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu (est de la RDC),
des éléments des ex-Forces armées rwandaises
(FAR) et des milices hutus Interahamwe, responsables du génocide
de 1994 au Rwanda, mènent sporadiquement des attaques contre
ce pays à partir du territoire congolais, entretenant "la
méfiance et des tensions" entre Kigali et Kinshasa,
selon les ministres. Dans la Province orientale, notamment dans
la région de l'Ituri, des milices tribales lendu et hema
s'affrontent régulièrement pour le contrôle
des richesses minières.
Transition menacée
La situation s'est considérablement dégradée
depuis la mi-décembre dans cette région, sur fond
de rivalités politiques entre chefs de guerre. Le 25 février,
neuf Casques bleus bangladais ont été tués
dans une embuscade tendue par une des milices qui y sont actives,
suscitant une riposte musclée de la Mission de l'Onu en
RDC (Monuc). Toutes ces tensions menacent la transition politique
qui doit conduire la RDC à des élections générales
en juin 2005, après sept ans de guerres (1996-2003) qui
ont fait plus de 3 millions de morts, directs ou indirects. Pour
permettre aux autorités de la RDC d'organiser ces élections
dans la transparence et le calme, les ministres d'Afrique centrale
réunis à Brazzaville ont invité les acteurs
de la transition à "surmonter la méfiance qui
fait encore obstacle" et la communauté internationale
à "appuyer les efforts du gouvernement de transition"
à Kinshasa.Devant l'impuissance des pays de l'Afrique centrale
à intervenir militairement dans l'est de la RDC, ils ont
aussi invité l'Union africaine (UA) à y envoyer
des troupes pour aider le gouvernement de transition à
désarmer tous les groupes armés. Les ministres se
sont également penché sur la situation au Burundi
et ont appelé le mouvement rebelle Palipehutu-Front national
de Libération (FNL), dernier mouvement rebelle encore en
guerre, à signer un cessez-le-feu avec le gouvernement
de transition et à rejoindre le processus de paix.
Progrès significatifs
Les ministres ont toutefois noté des "progrès
significatifs" de la situation globale de la sécurité
en Afrique centrale, tout en admettant que ces "progrès
étaient fragiles". Signes de ces progrès, le
nombre de pays en conflit est passé de sept à trois
(RDC, Burundi et Centrafrique) dans la sous-région. Les
conflits, expliquent les ministres dans un rapport, sont favorisés
par la circulation des armes légères en Afrique
centrale où les mesures prises par les différents
pays se heurtent à la "porosité des frontières
et aux difficultés matérielles".
AFP