Rwanda/Justice
Enos
Kabaga, extradé des Etats-Unis vers le Rwanda pour génocide
Mise en ligne le 28/04/05
Juridiction Gacaca
Enos Kabaga, 49 ans, coulait
des jours paisibles aux Etats-Unis. Recherché pour génocide
au Rwanda, il a été extradé le 23 avril dernier
vers le Rwanda, où il sera jugé devant la juridiction
gacaca de Mugonero, son village natal.
Un Rwandais suspecté de génocide
extradé des Etats-Unis le 23 avril dernier va comparaître
devant une juridiction semi- traditionnelle Gacaca de son village,
a-t-on appris de source officielle le 25 avril dernier. Enos Kabaga,
49 ans, est le premier suspect de génocide extradé
au Rwanda sur base d’un arrêt d’une cour de justice
dans un pays étranger. L’ex préfet des études
à l’école des sciences infirmières de
Mugonero (Kibuye, ouest) avait, pendant trois ans, engagé
une longue bataille juridique contre son extradition. Le procureur
adjoint du Rwanda, Martin Ngoga, a exprimé la satisfaction
de son pays après la nouvelle de la déportation de
Kagaba. «Le message est très clair. Les fugitifs qui
ont commis des actes de génocide ne devraient plus trouver
où se cacher», a-t-il indiqué à l’agence
Hirondelle lundi. Le suspect avait été appréhendé
pour la première fois en décembre 2001 à l’aéroport
de Minneapolis- St Paul aux Etats-Unis pour falsification des documents
d’identité. Les autorités de l’immigration
découvriront plus tard sa vraie identité et le fait
qu’il était recherché au Rwanda pour sa participation
présumée au génocide anti-tutsi de 1994.
Extradition pour génocide, une première
aux Etats-Unis
Le nom de Kagaba a été
à maintes reprises cité par des témoins à
charge dans le procès du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana
et de son fils, le Dr. Gérard Ntakirutimana devant le Tribunal
d’Arusha. Les deux ont été condamnés
en 2003 pour génocide, respectivement à dix et à
vingt-cinq ans de prison. C’est la première fois dans
l’histoire des Etats-Unis qu’un étranger est
extradé pour génocide. La juridiction Gacaca de Mugonero
va déterminer dans quelle catégorie pourrait être
jugé l’accusé. Ces tribunaux semi- traditionnels
rwandais sont compétents pour juger les suspects des catégories
«deux» et «trois». Ceux qui sont classés
dans la première catégorie, celle des planificateurs
du génocide, sont déférés devant la
justice classique. L’immigration américaine a récemment
arrêté un autre Rwandais suspecté de génocide
qui vivait à Chicago. Jean-Marie Vianney Mudahinyuka, alias
«Zuzu» a été reconnu coupable de délits
d’immigration après avoir nié sa participation
au génocide de 1994. Le gouvernement rwandais a déjà
lancé un mandat d’arrêt contre lui.
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