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Rwanda/Justice
Selon l'avocat de Bagosora, le génocide
n'a pas eu lieu Mise en ligne le 17/04/05
Comment défendre un client comme le colonel
Bagosora, cerveau du génocide ? M° Raphael Constant,
disciple émérite de M° Jacques Vergès,
a trouvé la réponse : il suffit de demander au tribunal
de prouver la réalité du génocide attesté
par l'ONU et la communauté internationale dès 1994.
Il fallait y penser... Suite>>
Cela fait à peine une semaine que la
défense du colonel Bagosora, ancien directeur
de cabinet au ministère de la défense et cerveau présumé
du génocide de 1994, est entrée en scène à
Arusaha au TPIR, qu'un premier coup de théâtre s'est
produit.
Avec aplomb, M° Raphael Constant, au cours d'une décalaration
liminaire avant la présentation des témoins à
décharge, a affirmé que le "génocide n'a
pas été prouvé devant ce tribunal car la préméditation
n'a pas été établie, ni que Théoneste
Bagosora y a participé".
L'ancien procureur du TPIR Carla Del Ponte, lors de l'ouverture
de ce procès en 2002 avait déjà averti la cour
: "Le tribunal ne pourra pas mathématiquement écrire
toute l'histoire de la tragédie rwandaise, notamment celle
de sa genèse."
Et l'avocat de renchérir, en déclarant que toutes
les allégations formulées contre son client n'ont
pas été démontrées.
Milieux négationnistes
Après ce coup d'éclat, la défense va présenter
au TPIR la liste de ses témoins à décharge.
Parmi eux, Jean-Michel Marlaud, ancien ambassadeur de la France
au Rwanda, Johan Swinnen, ancien ambassadeur de la Belgique au Rwanda,
le colonel Jean-Jacques Maurin, ancien coopérant militaire
français auprès de l'armée rwandaise, le colonel
Luc Marchal, ancien chef des casques bleus belges au Rwanda, et
Jacques Roger Booh Booh, ancien représentant du secrétaire
général de l'Onu à Kigali. Il est patent de
noter que Luc Marchal, Jacques Roger Booh Booh et Raphael Constant
sont tous auteurs des éditions
Duboiris, dont nous avons déjà évoqué
les motifs idéologiques, que d'aucuns considèrent
comme proches des milieux négationnistes rwandais.Bagosora
est jugé avec l'ancien responsable des opérations
militaires à l'Etat major de l'armée, le général
de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région
militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole
Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para- commando
de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze.
Tous plaident non coupable aux accusations de génocide, crimes
de guerre et crimes contre l’humanité portées
contre eux.
Jean-Bernard Gervais
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