Rwanda_Politique
Juvénal Uwilingiyimana a-t-il
été assassiné ? Mise
en ligne le 28_12_05
Le corps sans vie et dénudé de
l’ancien ministre du commerce rwandais en 1994 et ancien directeur
de l’office rwandais du tourisme Juvénal Uwilingiyimana
a été retrouvé sans vie, dénudé,
dans un canal bruxellois le 17 décembre dernier. Accusé
de génocide, collaborateur du TPIR, l’ex-ministre craignait
pour sa vie…
Le mystère est en partie éclairci
: disparu le 21 novembre dernier, Juvénal Uwilingiyimana
a enfin été retrouvé le 17 décembre
dernier. Mais mort : son corps dénudé, flottait dans
un canal de Bruxelles, ville où il avait élu domicile
depuis 1998. Recherché par la justice internationale pour
sa participation présumée au génocide de 1994,
Juvénal Uwilingiyimana avait été officiellement
accusé par le TPIR le 10 juin dernier.
Collaboration
Il avait depuis choisi de collaborer avec le TPIR et était
prêt à livrer des informations sur des membres de la
communauté rwandaise exilée, accusés ou non
d’avoir pris une part active à l’élaboration
du génocide. Cette collaboration, qui se déroulait
entre la France et la Belgique, devait lui valoir en cas d’accusation
un allègement de peine.
Et c’est trois jours après avoir rencontré à
Lille des enquêteurs du TPIR qu’il devait disparaître
le 21 novembre dernier. M. Uwilingiyimana avait "exprimé
son inquiétude concernant les dangers que lui et sa famille
pourraient encourir de la part de personnes puissantes dans la communauté
rwandaise en exil quand il dirait la vérité sur des
personnes responsables du génocide" de 1994 au Rwanda,
affirme le tribunal.
Suicide, assassinat ?
Alors, de quoi est mort l’ancien
ministre ? Certains évoquent le suicide et pour appuyer leur
démonstration, cite une lettre rendue publique sur Internet
où le présumé génocidaire dénonçait
les pressions que lui auraient fait subir les enquêteurs du
TPIR pour accuser, à tord, certains membres de la communauté
rwandaise. Les responsables du tribunal estiment quant à
eux que cette lettre est un faux qui pourrait fort bien émaner
des assassins de M. Uwilingiyimana. "En coopérant avec
le procureur, de tels individus apparaissent comme des traîtres
aux yeux de certains membres de la communauté et courent
le risque que des individus se vengent contre eux ou leur famille",
poursuit le tribunal. L’enquete de la police, telle l’eau
du canal où l’on a retrouvé le corps sans vie
de Juvenal Uwilingiyimana, suit son cours…
Jean-Bernard Gervais, grands lacs.info
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